Samedi 19 juillet, Grenoble a été le théâtre d’un incident qui secoue le monde culturel.
Le concert de Barbara Butch, DJ queer des nuits parisiennes et figure marquante de la cérémonie d’ouverture des JO 2024, a été violemment perturbé par des militants propalestiniens. Ces derniers agissaient en réponse à un appel au boycott lancé depuis mai par l’antenne grenobloise de La France Insoumise, en réaction au soutien de l’artiste à la proposition de loi Yadan, un texte controversé visant à lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme.
Trois mois après le retrait de la proposition de loi, donc, Barbara Butch se produisait vers 22h20 dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé depuis 25 ans par la capitale de l'Isère, quand des militants propalestiniens sont venus perturber le concert. "Il y avait à peu près 150 militants devant la scène qui avaient des banderoles, qui sifflaient, l'insultaient", témoigne auprès de l'Agence France-Presse (AFP) un responsable de la programmation du festival. Au bout d'une vingtaine de minutes, la mairie se résout à suspendre le concert "afin de garantir la sécurité du public, des équipes et de l'ensemble des personnes présentes".
Les vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des projectiles — dont des bouteilles en verre — lancés en direction de la scène, ainsi que des installations électriques sabotées.
Face à l’escalade et aux menaces directes pesant sur Barbara Butch, le show a été suspendu après seulement 20 minutes, invoquant la sécurité du public et des équipes.
Du côté de LFI, Allan Brunon, élu municipal présent sur place, minimise et qualifie l’événement de "manifestation pacifique" et nie catégoriquement tout jet de projectile. "La France Insoumise n’a jamais appelé à la violence contre Barbara Butch", insiste-t-il.
Cette opposition pose une question cruciale, où s’arrête la protestation légitime, et où commence l’atteinte à la liberté artistique ?
Suite à cet incident, de nombreuses personnalités médiatiques ont adressé leur soutient à l'artiste.